Je souhaite que les togolais envoient cet article dans les boites mails de "Jeune Jeune Afrique" ces commerçants de la plume qui viennent de réaliser un dossier bidon pour louer une soi disant popularité de Faure insultant au passage l intelligence des togolais.

Coup d’évasion de l’esprit de jugement à l’hebdomadaire Jeune Afrique
L’ignoble propagande sur un drôle de popularité de Faure GNASSINGBE
« La presse étant un sacerdoce, il faut bien pourvoir aux frais de culte », martelait astucieusement Emile AUGIER dans Les Effrontés. Il y a plusieurs manières de « pourvoir aux frais du culte » que constitue le travail pourtant hautement noble d’information. Ceux qui participent au rayonnement de ce métier d’information en achetant régulièrement les nouvelles pour suivre l’évolution du monde dans ses progrès autant que dans ses crises sont les meilleurs fidèles dont la presse est redevable.


Mais, ceux qui sont dans la délinquance aux bouquets de forfaitures les plus épouvantables et qui comptent acheter l’image par un arrangement de leur portrait ne servent pas du tout la presse. De même, les professionnels des médias qui font l’apologie du crime par l’appétit du gain, de vivre sans la dignité de servir la communauté sont bien minables pour aider la presse à s’émanciper, à s’imposer, à être crédible.
Dans tous métiers, il n’y a pas de grandeur sans la vertu, sans la défense des valeurs, sans une sensibilité morale, éthique et sans un esprit de justice. Nous sommes tout étonnés de voir comment la charité journalistique à la Jeune Afrique a fleuri les prouesses économiques de Faure GNASSINGBE et ses « lumineuses infrastructures » avec une ignorance volontaire de souligner l’ampleur de la criminalité économique, de la surfacturation en face desquelles le chef de l’Etat s’avoue impuissant. En dix années de règne, une constellation d’étoiles des parvenus a accéléré la prédation économique au Togo que notre stratégie d’indigence appelle le Programme Alimentaire Mondial (PAM) à s’occuper des populations du Nord, plus particulièrement dans toute la région de Dapaong. Pourtant, partout nous crions nos excédents alimentaires sans être capables de nous nourrir. Même au cœur de la capitale, s’offrir trois repas chauds par jour dans des milliers de familles est aussi rare que les beaux jours.


En clair, nous assistons à une calamité de croissance économique qui entretient l’indigence. Quand un peuple est heureux, il ne sait pas du tout dissimuler son bonheur et tout visiteur perçoit directement l’état d’âme de la population. L’envoyé spécial de Jeune Afrique, Georges DOUGUELI fait de ces quelques tronçons éclairés à Lomé le grand changement qui emplit d’une admiration exceptionnelle nous autres togolais qui n’avons jamais rien vu de si somptueux. S’il pouvait nous donner le pourcentage d’éclairage public sur la capitale pour proclamer la luminosité de la ville, il aurait produit un travail scientifique avant d’attribuer une gamme de médailles au fils du « Timonier » et le positionner dans une euphorie de soutien populaire et de « tranquillité pour la présidentielle 2015 ».


Le socle de la popularité politique repose sur trois choses au moins : l’intégralité du Chef, le respect de son peuple, sa capacité à offrir au plus grand nombre la sécurité alimentaire, physique, sociale, juridique. Pour preuve, le peu de temps que Thomas SANKARA a passé à la tête de son pays a révolutionné la question morale dans cette République, le sens de la responsabilité civique, de devoir de l’exemplarité par le haut, le sens du travail bien fait, la productivité et la sensibilité patriotique. La fierté de la réussite économique, sociale, politique, éthique qui se libère dans cette phrase « Ghana is back » vient d’une discipline de gestion des affaires publiques et d’une intégrité personnelle dont l’exemplarité s’est répandue à tout un peuple à partir de RAWLINGS. Jusqu’à ce jour, la popularité de ces deux leaders fait toujours des disciples dans ces deux pays. « La grandeur pour se faire reconnaître doit consentir à imiter la grandeur ». Telle est l’intelligence de Jean ROSTAND dans les pensées d’un biologiste.
Une popularité est-elle une notion abstraite, sans critères objectifs, sans valeur défendue, sans morale, sans éthique ni justice ?


En quoi réside –t-il un soupçon d’intégrité d’un homme qui ne sait pas respecter son peuple, le contrat social, la Constitution, l’Accord Politique Global, la vie des citoyens, ses propres paroles et engagements et qui ne croit qu’en la force brute, aux coups de force, à la répression dont la fièvre est encore perceptible dans sa vision des élections 2015 ?
Le gain de popularité clamé en faveur du « petit » le dispense-t-il des réformes contenues dans le traité républicain qu’est l’APG ?
Quel crédit peut-on accorder à un hebdomadaire dont la survie tient des palais de tous les crapules du continent ?

1) Séquences de folie pour une apologie du crime
Dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 26 octobre au 8 novembre 2014, N° 2807-2808, un curieux journaliste établit avec certitude sans aucun baromètre de sondage, sans la moindre objectivité quantifiable la popularité incroyablement ascendante de Faure GNASSINGBE. En est-il arrivé à cette naïveté proclamée par le cirque des kits scolaires qui participe d’un endoctrinement idéologique et électoral qui ne garantit aucunement une loyauté de soutien populaire à ce régime des effractions et violations des Droits humains ?
Georges DOUGUELI méprise royalement l’intelligence du peuple togolais, son sens de passivité apparente, son histoire et infantilise nos populations. Aucun Togolais ne se laisse abuser par le rafistolage de quelques unes des ruelles de la capitale. Même si nous vivons encore à cette époque sous des cabanes, nous ne savons pas oublier nos enfants massacrés et leurs tombes alignées dans nos cimetières encore moins nos disparus à l’autel d’une succession dynastique dont le fils d’Eyadéma est la cause. Nous ne sommes pas non plus amnésiques de son coup d’Etat constitutionnel, militaire, électoral en 2005 et en 2010 précisément par le braquage spectaculaire au CESAL, le centre de collecte des résultats de l’Opposition. Ces crimes imprescriptibles, tels que notre Constitution le souligne sont restés impunis jusqu’à ce jour et le subterfuge de la réconciliation initié par le principal bénéficiaire de la rapine électorale s’éteint dans le rejet des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation.


La vision étriquée de Georges DOUGUELI sur la psychologie populaire et l’âme du Togolais lui ouvre de grandes facilités de toutes les inférences vaseuses pour se vautrer dans l’audace de l’irrationnel et conjecturer sur un devenir électoral clairement en faveur d’un « faiseur de miracle » dans le cœur des Togolais. Pour lui, le relevé de popularité de Faure GNASSINGBE est dû à « …un pouvoir qui a changé de méthode ». Il n’a certainement jamais appris l’histoire récente de SINANDARE, de SINALENGUE d’EGBEBOUA, des journalistes aux mâchoires fracassées, ni la profanation du saint sacrement et de l’Eglise d’Amoutiévé, ni la réactivation des milices…Ce monde en boutique planétaire ne lui a jamais montré les images diffusées sur les répressions sanglantes du Collectif «Sauvons le Togo», le drame d’une assistance des forces de sécurité aux miliciens, armes au poing, pour blesser et interdire aux militants de l’Opposition l’exercice de leurs droits constitutionnels de manifester. DOUGUELI n’aurait jamais entendu parler du magistrat Koffi KOUNTE , d’Olivier AMAH, des arrêts en cascade de la Cour communautaire d’Abuja contre l’Etat togolais ni des gifles éblouissantes infligées au système Faure Gnassingbé par Abuja. Il est le seul journaliste étranger à se précipiter à cette conclusion : « Comme dans un fauteuil ?... Merci l’économie. De quoi envisager sans trop d’inquiétudes la présidentielle de 2015 ».


Ce point minable de focalisation sur un progrès économique invisible et insensible dans l’ampleur de la rudesse du quotidien des Togolais ordinaires méconnaît la proportion terrifiante de criminalité économique dont l’aveu d’impuissance est solennellement manifesté par le Chef de l’Etat lui-même. Quel Togolais peut pardonner une licence de prédation économique organisée en des cartels d’intérêts claniques à la tête de ce pays ? Si tant la sérénité est de mise chez son « Bienfaiteur » pourquoi n’ose-t-il exécuter les réformes institutionnelles et constitutionnelles et pour quel intérêt s’arrange-t-il à esquiver les recommandations de la CVJR ? Si l’économie suffisait à asseoir la popularité, le Guide libyen n’aurait jamais enflammé son pays d’une insurrection mortelle. Toute approche économique en politique, en analyse qui se priverait des questions humaines, morales, éthiques, juridiques se trompe lourdement parce que l’esprit d’un peuple s’édifie d’abord en valeur, en noblesse avant tous les autres agréments existentiels. Ce n’est pas parce que les Togolais s’abstiennent de s’organiser en une rébellion armée qu’ils sont les plus bêtes de la terre à applaudir un chef aux crimes multiples. Leur colère est viscérale, inextinguible et leurs récriminations sont lancinantes. Ceux qui disposent de véritables yeux de l’esprit lisent aisément tout ce qui gronde à l’intérieur de l’âme collective nationale des Togolais.


Quand on est sérieux dans ce travail journalistique, il y a un suivi méthodique du parcours des peuples auxquels on s’adresse pour éviter les idioties monstrueuses aux étiquettes des niaiseries proverbiales qui signent la défaite propagandiste des cruels menteurs. Pour un homme d’une grande intelligence, les lampadaires sur deux ou trois boulevards ne suffisent nullement à embrigader l’esprit du jugement dans une conclusion d’excellence de la gouvernance et dans une clairvoyance prophétique qui le conduirait à prendre un peuple comme des moutons. Georges DOUGUELI connaît-il le Sénégal d’Abdoulaye WADE et ses réalisations en infrastructures de qualité qui n’ont pas suffi à infléchir la détermination des Sénégalais à le faire partir après deux mandats ?


Les Togolais n’ont jamais renoncé à la mise en œuvre des réformes qu’exige leur traité républicain APG, ni aux recommandations de la CVJR avec l’exigence du « retour de la Constitution de 1992 dans sa forme originelle ». La conscience nationale est toujours en érection dans ce pays contre la délinquance de gouvernance qui procède par effraction, par parjures et par mépris du peuple. La mobilisation légendaire du 12 juin 2012 contre les excédents de criminalité évidents qui fondent l’évolution politique du fils d’Eyadéma est un témoignage irréfutable que les Togolais attendent que sonne l’ heure de vérité pour bondir sur leurs droits, leurs libertés…Le gouffre de l’esprit de Georges DOUGUELI est si saillant qu’on ne puisse imaginer qu’il mérite une place de scribe dans un petit village. Denis DIDEROT a bien raison de dire dans son Encyclopédie : « Plus vous trouverez de la raison dans un homme, plus vous trouverez en lui la probité ».

2) Par-delà la nuit de l’esprit à la JA
Le vaseux de la démonstration sans la moindre rigueur et le moindre orgueil professionnel est la marque d’immoralité récurrente chez les saprophytes de la communication. Ils ont une survie de renard et vivent sur le dos de leurs victimes assoiffées de contemplation narcissique et d’éloges pour se donner bonne conscience de leur criard déficit de mérite qui les ronge mortellement. Dans la quête désespérée de restauration de leur image, ils s’agrippent à tous les charlatans de la communication qui n’ont ni la force, ni la puissance de polir leur abîme de répugnance avérée.


Seuls les cruels menteurs et les sales voyous ne désarment à duper les naïfs qui veulent faire autrement un monde ensoleillé de vérité. Chassant fortune, ils rasent tous les murs jusqu’aux palais princiers chiffonnés, déliquescents de charges incommensurables d’immoralité et de criminalité. Les filous de la communication ont toujours une plume et une verve incertaines pour racheter les désespérés qui croient que le lavement des mains rend l’âme nette.


Ceux qui ont lu Georges DOUGUELI dans le baroque attardé d’une peinture de séduction du petit prince togolais se sont certainement aperçus d’une invraisemblable invention asséchée d’inspiration et gonflée d’impureté avilissante pour un faiseur d’image qui n’est d’aucune ressource professionnelle. La vacuité artistique sans aucun relief d’intelligence ni de subtilité journalistique est si saillante que la volonté d’embarquer l’opinion échoue au démarrage. La quantification par des statistiques fiables, l’appui sur des valeurs, les résultats d’actes exemplaires, l’éthique politique, les preuves de justice, la défense du pouvoir d’achat, la promotion de l’emploi, la sécurité sociale, les prouesses irréfutables de la formation sont des critères qu’utilisent les doués en communication pour accompagner la gouvernance d’excellence et doper la popularité des chefs.


Si le client de la propagande, Faure GNASSINGBE pouvait jouir de la tranquillité et se convaincre de gagner la présidentielle en 2015 en toute transparence, un simple micro trottoir aurait permis à l’illustre clairvoyant de la Jeune Afrique de bâtir une démonstration en prêtant la parole à un échantillon de catégories socioprofessionnelles et tous les lecteurs pourraient faire des recoupements de vérification de la popularité qu’il clame en faveur du fils du « Timonier ». Cette procédure est enseignée dans toutes les écoles de formation en communication. L’aventure de Georges DOUGUELI n’est d’aucun relent professionnel et résonne comme une audace d’escroquerie et d’usurpation de titre. Le baromètre de popularité déclarée à partir de deux boulevards redressés est une risée conceptuelle pour un journaliste des temps modernes qui s’expose plutôt comme une pièce de musée australopithèque.


Le plus surprenant de la reprise des grelots de popularité signé d’un escroc, c’est l’effervescence d’amplification affichée par une caisse de résonnance à la Télévision nationale comme si ce bidule de perversion de sens de réalité d’un journal errant avait autorité à infléchir le rejet permanent d’un régime brutal et faux sur lequel crache tout un peuple. La sanction populaire affirmée en dix ans est si sonore dans les consultations électorales quelles qu’elles soient, que la relevé des voix en faveur de l’Opposition est d’une ascendance plantureuse sur la minorité qui nous gouverne.


Une Nation se connaît. Elle ne cède jamais à une autre identité que lui prêtent des magiciens ridicules et méprisables. Nous ne serions ni cois, ni idiots pour tomber dans les pièges de petites gens aux perceptions miraculeuses et nous laisser arroser de niaiseries qui ont vocation à manipuler notre destin. Nos aspirations et notre engagement à construire notre propre histoire face aux cruautés d’un petit cercle qui s’adosse aux armes de guerre et à la criminalité sont raides de loyauté citoyenne. Ils ne souffrent d’aucune faiblesse à croire aux marabouts des medias et aux sortilèges publicitaires bien médiocres. Notre vie au Togo est une réalité. Elle est jour après jour une épreuve douloureuse mais exaltante pour un peuple qui a mûri en expérience et en combat pour la liberté. Les conjectures et les élucubrations des caniches des palais n’altèrent rien en notre lutte citoyenne.


Ce que nous ressentons en tant que peuple est si noble que notre destin est entre nos mains. Nous n’avons pas le temps de lorgner vers les prophéties payantes des malins génies de la communication, mais nous avons le droit de dire ce que nous sommes, et fièrement à tous les aventuriers qui tentent de nous prêter le scorbut qui ronge leur esprit. Nous nous retrouvons entièrement dans les Poésies d’Alfred MUSSET pour qui : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert ». La délinquance journalistique peut influencer un peuple qui s’ignore. Heureusement qu’il y a très peu de combattants de la liberté qui s’affaissent sous le robinet des mensonges servis par les chasseurs de fortune dans les couloirs des résidences des oppresseurs. Georges DOUGUELI a échoué dans ses prévisions de victoire tranquille pour Faure GNASSINGBE en 2015. Le matraquage publicitaire est toute autre chose que la réalité de terrain comme on le note si bien au Burkina Faso.


Didier Amah DOSSAVI
Chronique, Alternative N° 374 du 4 novembre 2014

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