Alerte ! Etat d’urgence numérique au Togo
Alerte ! Etat d’urgence numérique au Togo

Un crime contre le patrimoine culturel

La connexion Internet est massacrée au Togo, on n’est jamais arrivé à s’assurer un débit garantissant une connexion à la hauteur de la demande, ce, malgré que la facture numérique augmente. Pour 200 francs l’heure dans les cybercafés, il faut 3 à 6heures pour poster un texte ou consulter un mail, une journée parfois pour télécharger un fichier.

Les consommateurs sont très révoltés contre ce genre de rapine, de pillage du temps et ressources financières des internautes pour une piètre prestation dont les prestataires ne sont même pas à la hauteur ; une escroquerie sans fin qui reflète l’état d’esprit des dirigeants et en dit long sur la crise multisectorielle que traverse le pays de Gnassingbé Faure, pourtant un mordu des nouvelles technologies semble-t-il, mais ne fait rien pour alléger le calvaire des citoyens qui ploient sous des salaires de misère.

Cette grave situation retarde le développement du pays, à moins qu’il ne soit sciemment procédé ainsi pour ne pas faciliter au peuple togolais d’être au même niveau d’information que le reste du monde.

Un crime culturel qui mérite d’être dénoncé, une maltraitance doublée d’une violation du droit à l’information. Des Togolais préfèrent s’installer à la limite des frontières ghanéennes ou béninoises afin de bénéficier des avantages offerts par ces pays ; il existe aujourd’hui des exilés numériques.

Des connexions à l’instar de MTN, VODAFONE, GLO, TIGO, ZAIN, AIRTEL, sont accessibles, disponibles à moindre coût et à plein temps, soit 1000francs cfa pour 350 Mega Bits pour 24 heures, voire 15 jours, ou un mois, selon les options.

Mais encore, les hackers et autres pirates recrutés au plan international pour s’attaquer à tous les internautes hyperactifs ; il faut dès lors être éveillé pour ne surtout pas ouvrir ou consulter des messages provenant d’expéditeurs inconnus.

C’est à juste titre que des associations de consommateurs, au vu de cette injustice, ont décidé d’attirer l’attention de la Communauté Internationale en décrétant trois (3) jours de boycott par la population, des réseaux de téléphonies togolaises.

Dans ce monde planétaire où nous sommes cohéritiers de cette invention servant de bien-être, elle est sabotée et rejetée au Togo. Des actes autant criminels que la destruction des patrimoines matériels par les terroristes à Gao.

Cette privation d’Internet, ce crime contre les patrimoines immatériels du monde, doit interpeller l’Unesco.

Une tentative d’isoler les Togolais, dans une prison virtuelle, au même moment où l’enseignement se nourrit d’internet, le pouvoir de Lomé joue à la duplicité. Il installe le peuple dans des promesses à travers des conférences de presse animée par la ministre des postes et télécommunication, annonçant une certaine "Blue zone" destinée à promouvoir la nouvelle technologie, soutenue par l’armateur Bolloré, mais demeure un oasis dans un désert numérique. Une distanciation que les togolais ne vont pas tolérer…

Le pouvoir de Lomé est-il autant menacé par les libertés que donne le net, au point d’en avoir la trouille, et être amené à se fermer à l’ouverture ? Mais jusqu’à quand ?

Yérima Amidatou

00228 97079644

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