Economie  Crise de déflation sectorielle sur les marchés de Lomé
Economie Crise de déflation sectorielle sur les marchés de Lomé

Une forte déflation sectorielle (perte du pouvoir d’achat) freine la consommation au Togo, pas de liquidité, ni de disponibilité financière dans les foyers. Les capitaux fuient le pays, thésaurisés par quelques barons du régime de Lomé, contrairement au taux de bancarisation comparativement en faible croissance.

Les indicateurs de performance n’annoncent pas un redressement durable, le rapport 2014 du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) le souligne.

Aborder le sujet devient tabou, vient même à fâcher. On vous accuse d’intoxication ; pire, de vouloir attiser la colère du « grand patron », a réagi sur les réseaux sociaux un professeur d’université. Les hommes d’affaires jouent un jeu d’hypocrisie, préfèrent ne pas s’engager ouvertement dans ces débats, pour éviter de s’exposer à des situations susceptibles d’entraîner une riposte de la part des autorités qui livrent à la vendetta, quiconque tente d’en faire à sa tête. Nous avons réussi à faire parler certains.

Le constat

Des investigations effectuées dans la capitale togolaise ont été convaincantes ; une première publication a été déjà faite sur notre site.

L’habituelle effervescence des marchés, pendant les périodes de fin d’année, promet peu avec les joutes électorales de 2015. Chaque commerçant voudrait écouler ses stocks de marchandises restés au magasin, non seulement à cause de la mévente, mais aussi et surtout parce qu’il faut rembourser les multiples créanciers dont les taux d’intérêts sont les plus élevés de la sous-région.

Ainsi, le ralentissement de la consommation fait que les entreprises, boutiques, restaurants, tournent presqu’à perte. Les grands magasins et supermarchés n’allument plus permanemment les climatiseurs, réfrigérateurs et chaînes de froid, téléviseurs ou radios, afin de limiter leurs factures d’électricité. Des entrepôts disponibles en pleine ville ne trouvent pas preneurs.

Les marchandises sont soldées, pourtant ne trouvent pas d’acquéreurs, faute de la perte du pouvoir d’achat de la classe moyenne.

A Lomé, dans un restaurant assez connu, nous avons retrouvé un correspondant d’un journal international au Togo. Pour une addition de 3500F cfa, payée avec un billet de 5000F, difficile de toucher son reliquat. A notre tour, pareil. Une réponse inhabituelle à notre curiosité : "pas d’affaires, la crise nous empêche de disposer de fonds de caisse", déplore le caissier.

L’échec

Par ailleurs, les crédits (30.000F) du Fonds National de Finance Inclusive (FNFI), trouvent des porteurs d’affaires peu avertis, dans un climat économico-politique crispé. Le pouvoir ne tombe-t-il pas dans son propre piège?

Les informations peu rassurantes sur les élections prochaines, le refus de Gnassingbé Faure de s’accorder avec son propre départ paraphé en 2006 avec l’Accord Politique Global (APG), créent un climat de suspicion dans le pays.

Le comble, l’opacité dans les orientations économiques ne rassure pas les bailleurs, nous confirme un diplomate qui souhaite plus de bonne volonté de la part des autorités togolaises pour des compléments budgétaires…

Paradoxalement, Gnassingbé 2 cherche toujours à faire croire que la croissance est au beau fixe, ne se soucie guère des sollicitudes du petit peuple …

KOSSI BLAISE AYEGNON

blaiseayegnon@gmail.com

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