Un officier Américain en prison au Togo

Outrage à la magistrature ou complot ?

Quelques mois après le retour en terre togolaise, en provenance des USA, le fils du controversé perquisiteur du régime dictatorial, de père en fils au Togo, séjourne en prison. Il paraît gêner. Soit du camp du pouvoir ou encore pour ceux qui avaient maille à partir avec le pouvoir, sa présence est vécue comme un cauchemard, son patronyme dit beaucoup. Par sa personne, il incarne ce double héritage.

D’abord, à l’égard des personnes victimes du zèle démesuré de cet officier défunt, son père, à qui il rappelle de mauvais souvenirs ; ensuite, à l’égard des acquéreurs des biens de Amouzou père, dont Eda Oba. Et pour cause, il existerait un contentieux, Amoussou fils/Propriétaire hôtel Eda Oba.

Selon des analyses historiques et récentes, des dommages causés par voie de fait à toute la parcelle, par l’architecte de métier, en l’occurrence Monsieur Locco, les immeubles construits par le premier responsable de l’hôtel, ont occupé des espaces, au point d’inonder le reste du voisinage de marécage, désagrément sciemment créé afin d’obliger les voisins à déménager voire à la vente des lieux, au profit de l’expansion de l’hôtel Eda Oba. Ajouté à la misère financière des orphelins Amoussou, le tour est joué.

Mais les faits sont têtus : les voisins zaïrois, les familles Agnodjan… ne diront pas le contraire.

Déjà à son arrivée à Lomé, Amouzou fils revendiquait les parts qui lui revenaient de l’héritage paternel, bradé par ses frères. Sa méthode, (se rendre lui-même sur les lieux), inquiète… Dans cette même logique, une portion de terre acquise par un deuxième larron moins puissant que l’architecte propriétaire de l’hotel Eda Oba, a été rétrocédée.

Peut-on croire aujourd’hui que Amouzou fils est victime du passé de son père, source de règlements de compte ? Surtout que devenu citoyen un peu trop extraordinaire. Un américain, officier de surcroît.

En effet, Amouzou, un officier Americain en détachement sur la base américaine en Allemagne, ne passe pas inaperçu. Au Togo, un militaire qui vient de l’extérieur, est suspecté. On se rappelle que des démobilisés de la guerre d’Algérie ont payé ce même prix de méfiance, crainte, persécution… Amouzou est-il craint à telle enseigne qu’il ne lui soit plus permis d’apparaître même en public ?

Amouzou fils, semble-t-il, avait été au palais de justice à Lomé pour tenter de rencontrer son avocat Me Hunakey, en référé. Il se serait introduit par erreur dans une audience et aurait aussitôt rebroussé chemin à la suite d’une injonction des tenants des lieux. Il sera interpellé par les forces de l’ordre, et déféré pour outrage à la magistrature. L’officier américain vient-il de faire une descente aux enfers là-où feu son père a fait condamner des criminels ? Les bénéfices de son travail, les biens acquis sont-ils en partie restés entre d’autres mains ?

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