Identifier les mesures idoines destinées à mieux lutter contre le trafic de drogues en Afrique de l’Ouest‏

L’officier régional spécialisé du Bureau régional d’Interpol basé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Niouma Koivogui, estime que l’Afrique de l’Ouest est une région à la fois de transit et de consommation de drogues ainsi qu’une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

Dans son allocution à l’ouverture, ce mardi 28 juillet 2015, au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria, d’un atelier des organisations de la société civile de l’espace communautaire sur le trafic illicite de drogues, l’abus de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest, M. Koivogui a déploré la forte augmentation, ces dernières années, du trafic de stupéfiants dans la sous-région.

Pour la seule année 2013, a-t-il indiqué, il a été procédé en Afrique de l’Ouest à 51 arrestations et 44 saisies de drogues, notamment 72,55 kg de cocaïne, 103,94 kg de cannabis, 1,51 kg d’héroïne et 98,37 kg de stimulants de type amphétamine dans les aéroports de Praia, Lomé, Dakar, Cotonou, Lagos, Bamako et d’Abidjan.

M. Koivogui a salué la tenue de cet atelier qui permettra, selon lui, de faire un bilan exhaustif de la situation au plan régional, d’analyser les efforts déployés par les Etats membres de la CEDEAO, d’identifier les manques et les besoins pour mieux lutter contre le trafic illicite de drogues, l’abus de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest.

Tout comme lui, le représentant de l’Union européenne, Philippe Peyredieu du Charlat, le chargé de programme du Projet CEDEAO auprès de l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime, Cheikh Ousmane Touré, et le secrétaire général par intérim du Forum de la société civile de l'Afrique de l'Ouest (FOSCAO), Auwal Musa Ibrahim, ont également loué l’initiative de cette rencontre.

Cette réunion, ont-ils fait savoir, témoigne de la volonté de la Commission de la CEDEAO de lutter efficacement contre le trafic illicite de drogues et le crime organisé, qui constituent des menaces et des facteurs d’insécurité dans l’espace communautaire.

Ils ont plaidé pour une collaboration et une coopération plus accrues avec les organisations régionales des chefs de police ainsi que des organisations régionales et internationales impliquées sur le terrain dans la lutte contre ces différents fléaux.

Accompagnée de ressources et d’investissements nécessaires pour que ceux qui ont la charge de lutter contre les auteurs de ces fléaux puissent le faire à armes égales, cette coopération, créatrice de synergie et d’une homogénéité d’action, est la clé de la réussite, ont-ils laissé entendre.

«Notre ambition est de travailler conjointement avec les structures ici présentes afin de prévenir et de lutter contre le trafic illicite de drogues, l’abus de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest», a indiqué pour sa part la commissaire chargée du Genre et des Affaires sociales de la Commission de la CEDEAO, Dr Fatimata Dia Sow.

Dans son discours d’ouverture, Dr Fatimata Dia Sow, représentée par la directrice du Contrôle de la Drogue et de la Société civile de ladite Commission, Dr Sintiki Tarfa Ugbe, a exprimé sa reconnaissance à ces différentes structures pour leur soutien constant à la CEDEAO dans sa lutte contre ces divers fléaux.

«Les laboratoires clandestins de fabrication de stupéfiants, la prolifération d’armes légères et de petits calibres ainsi que l’usage de drogues et de stupéfiants sont à l’origine d’autres fléaux tels que le terrorisme, les crimes transfrontaliers, la piraterie maritime, les violences extrêmes et l’insécurité», a déclaré Dr Sintiki.

Ces fléaux, a-t-elle affirmé, affectent «nos familles, nos sociétés, nos communautés et notre région» et représentent les principales menaces à la sécurité et à la santé publique de la plupart des Etats membres de la CEDEAO.

Cette situation nécessite, selon elle, le déploiement d’efforts considérables aux plans national, régional et international de la part de ces Etats et des organisations non-gouvernementales organisées dans le but d’atténuer les conséquences de ces menaces.

A noter que cet atelier de trois jours vise à mobiliser les capacités des organisations de la société civile spécialisées en matière de lutte contre le trafic illicite de drogues, l’abus de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest en vue de leur participation active à la mise en œuvre du Plan d’action de la CEDEAO sur la lutte contre la drogue (2016-2020) et de leur appui aux activités entreprises par l’organisation régionale dans le cadre de la lutte contre la drogue.

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