Le président Alassane OUATTARA gracie 3 100 prisonniers de la crise post-électorale de 2010

Une « nouvelle opportunité en vue d’un rassemblement de la nation et de la consolidation de la paix ». Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a présenté en ces termes sa décision d’accorder la grâce à 3 100 détenus de la crise postélectorale, jeudi 31 décembre, dans son traditionnel discours à la nation. Le chef de l’Etat, réélu dès le premier tour avec 83,66 % des suffrages en octobre pour un nouveau mandat de 5 ans, a précisé que certains prisonniers pourront « recouvrer immédiatement la liberté et d’autres voir leur peine réduite »

Pendant la campagne présidentielle, l’opposition n’a cessé de réclamer la libération des détenus politiques. Elle a reproché à M. Ouattara de ne pas avoir réconcilié le pays et de mettre en œuvre une « justicedes vainqueurs », qui ne s’intéresse qu’aux auteurs d’exactions du camp de l’ancien président Laurent Gbagbo, mais pas à ceux de son propre camp. Quelque 70 prisonniers politiques du pays ont été libérés en 2015, selon un décompte de la presse locale.

« Cette grâce ne résout pas le problème »

Le même jour, Sébastien Dano Djedjé, un ancien ministre proche de M. Gbagbo, a bénéficié d’une mesure de liberté provisoire après sept mois de détention pour avoir affiché son soutien à l’ex-président ivoirien poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI). M. Djedjé est accusé de « discrédit sur une décision de justice, violence et voies de faits sur les forces de l’ordre, rébellion et atteinte à l’ordre public ».

Laurent Gbagbo est écroué depuis fin 2011 à La Haye, où il doit être jugé par la CPI pour des « crimes contre l’humanité » commis lors de la crise postélectorale de 2010 et 2011. Née de son refus de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, la crise a fait plus de 3 000 morts en cinq mois de violences.

« Le plus important, c’est que ce qu’a annoncé [le président Ouattara] soit effectif », a réagi Désirée Douati, la présidente des femmes et famille de détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI), auprès de l’Agence France-Presse.

« On est particulièrement déçus, en utilisant l’article 45 [droit de grâce], ce sont les prisonniers de droit commun qui vont être graciés, mais quant aux prisonniers politiques, cette grâce ne résout pas le problème », a estimé de son côté, Séri Gouagnon, membre du Front populaire ivoirien, le parti de Laurent Gbagbo.

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