Si Blackberry estime que son avenir se joue désormais dans les services aux entreprises, il tente encore de se faire une place dans le marché des smartphones. Un défi de taille tant le fabricant a aujourd'hui disparu des radars (seulement 500.000 unités écoulées lors du dernier trimestre, un plus bas historique).

Comme une sorte de baroud d'honneur ou pour rester fidèle à son histoire, le groupe entend encore lancer cette année quelques smartphones animés par Android. "Je crois vraiment, vraiment, que nous pourrions gagner de l'argent grâce à notre activité terminaux", assure John Chen, p-dg du canadien.

Avec quelle stratégie ? La moins valorisante possible puisque les smartphones dans le tuyau sont bien éloignés de l'ADN de l'ancien numéro deux mondial : pas d'OS maison (mais un Android "sécurisé" à la sauce Blackberry), et pas de clavier physique. D'ailleurs, le terminal dévoilé ce mardi creuse ce sillon.

Le DTEK50 (notez la poésie du nom) est donc un terminal Android moyen gamme qui ne brille pas par son design original. Il a été designé et fabriqué par le chinois TCL, la maison mère d'Alcatel One Touch. Sa ressemblance avec l'Idol 4 est d'ailleurs assez frappante.

Ses spécifications sont également très proches de ce modèle : écran Full HD de 5,2 pouces, Snapdragon 617, 3 Go de RAM, 16 Go de stockage extensible en SDcard, le tout sous Android 6, avec un prix de 339 euros.

Blackberry insiste évidemment sur le volet sécurité et explique qu'il s'agit du terminal Android "le plus sécurisé du monde" (rien que ça). Le groupe a ainsi blindé Android avec le chiffrement des données, des mises à jour de sécurité rapides, le scan permanent des applications et des données, le démarrage sécurisé... Ainsi que sur la suite pro Android for Work, ou encore la présence du Hub hérité de BB10.

Il vise ainsi les déploiements de flottes en entreprises en s'interfaçant évidemment avec les outils MDM du groupe. Il cherche également à surfer sur les problématiques engendrées par les affaires d'écoutes et de fuites de données.

Comment ce terminal pourrait se démarquer des smartphones similaires, mettant notamment l'accent sur la protection des données qui inondent aujourd'hui le marché ? Le canadien estime que la combinaison de son savoir-faire avec l'utilisation d'Android (et de son écosystème applicatif) représentent des arguments de poids pour les entreprises. Pas sûr que cela soit suffisant.

"Nous savons combien la protection de la vie privée est importante pour nos clients. Nous sommes par conséquent fiers d’avoir pu intégrer toutes les fonctionnalités de sécurité et de protection de la vie privée au sein du tout nouveau smartphone Android", veut croire Ralph Pini, Directeur des Opérations et Directeur Général de la division Terminaux de BlackBerry.

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