·

Soudan du Sud: Halte à la montée des enchères fratricides!

Les bruits de canon qui ont résonné à nouveau ces derniers jours à Juba témoignent de la fragilité du processus de paix enclenché depuis plusieurs années dans la plus jeune République d’Afrique et du monde.

Aucune cause ne peut légitimer cette reprise soudaine et curieuse des hostilités meurtrières au Sud-Soudan, alors même depuis le mois de mai 2016, le processus de paix dans ce pays a conduit à la formation d’un Gouvernement d’union nationale, fruit de longs et douloureux pourparlers.

Le peuple sud-soudanais ne mérite pas de boire le calice jusqu’à la lie. Depuis la naissance officielle de cet Etat producteur de pétrole voici 5 ans, ses indicateurs socio-économiques ne sont jamais passés au vert.
Ces trois dernières années, les profonds différends au sommet de l’Etat ont occasionné la mort de plus de 300 mille Sud-soudanais, engendré plus de 500 mille déplacés, sans compter les dizaines de destins brisés par ces affrontements fratricides qui empêchent la projection de toute forme de développement. Un vrai scandale. Les protagonistes de ce conflit doivent avoir à l’esprit que les crimes qui y sont commis sont passibles de poursuites pour crimes contre l’humanité devant des juridictions compétentes.

Halte à l’effusion du sang au Sud-Soudan. La mise en œuvre de l’Accord inter-soudanais d’août 2015 doit reprendre, avec le maximum de consensus et de concessions définitives.

Face au fragile cessez-le-feu qui a cours à l’heure actuelle dans cette jeune République, ses voisins se doivent de réagir promptement et de manière décisive, à côté d’une réaction ferme souhaitée de la part du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’UA. La poursuite de la guerre au Sud-Soudan constituera à moyen terme une source permanente de déstabilisation de l’Afrique orientale, centrale et du Nord.

Fait à Lomé, le 14 juillet 2016

Ayant pour fondateur Edem K. KODJO (ancien Secrétaire général de l’OUA -devenue Union Africaine-, ancien Premier Ministre du Togo, Membre fondateur de la CEDEAO, Membre du Groupe des Sages de l’UA), «PAX AFRICANA» est une Fondation à but non lucratif à vocation internationale dont l’objectif essentiel est de garantir la paix et le développement en Afrique par la construction de l’Unité du Continent.

Retour à l'accueil