Le Togo lance le Recensement Général des Entreprises

 

L’INSEED assure l’opérationnalisation

 

Le contexte, l’enjeu, la pertinence du sujet est de taille. Depuis 2003, le dénombrement des sociétés a été limité aux entreprises modernes installées à Lomé. La mise en œuvre de la stratégie de développement par le gouvernement togolais a permis la réalisation de plusieurs programmes, avec la création de plusieurs PME/PMI/GIE…. Durant quatorze années, la réalité des activités économiques au Togo a considérablement changé. Il est indéniable que pour améliorer la gouvernance économique du pays et réévaluer le Produit Intérieur Brut (PIB), il faut pouvoir répondre de façon claire, précise et formelle aux questions d’identification d’opérateurs économiques et le poids de leur prestation dans la balance de production nationale, disposer d’une base de données actualisée comme le recommandent les organisations régionales et internationales en matière de transparence et de traçabilité des comptes nationaux.

C’est pour répondre à cette prérogative que l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) organise le premier recensement général des entreprises au Togo. L’objectif général est de pouvoir disposer d’un système d’informations statistiques réel. Cette opération concerne tant les entreprises des secteurs formels qu’informels, petites, moyennes ou grandes sur toute l’étendue du territoire national.

Le budget prévisionnel est de 959.965.553 francs cfa dont 655.957.000 frs financés par l’Union Européenne, 104.000.000 frs par la Banque Mondiale et 200.000.000 frcs par l’Etat Togolais.

Cette opération va durer 18 mois et se déroulera en 5 phases : la première concerne les travaux préliminaires déjà démarrés par l’élaboration des documents techniques, la sensibilisation et le recrutement des agents cartographes sur une durée de quatre (04) mois. S’en suivront les travaux de dénombrement, d’analyse et la publication des résultats. Le RGE permettra une offre d’emploi à 1000 agents.

L’occasion pour le Chef de la Délégation de l’Union Européenne, Nicolas Berlanga Martinez de donner l’exemple du Ghana et du Nigéria dont l’expérience a permis une réévaluation positive du PIB, parlant aussi de la tenue en Novembre prochain à Abidjan du 4ème Sommet de l’Union Européenne, dont le thème portera sur la création d’emploi. "Le RGE 2017 permettra d’avoir une photographie des activités économiques au Togo", a-t-il ajouté.

Pour sa part, Yao Kokou N’Guissan, Directeur Général de l’INSEED, a indiqué la nécessité de mettre à jour le répertoire statistique national des entreprises. Et pour ce faire, nos agents passeront d’entreprises en entreprises pour la collecte des informations, dans le but de disposer d’une base de sondage pour les enquêtes sectorielles, d’une base de données sur les unités informelles localisées, disposer d’informations nécessaires à l’élaboration des indicateurs conjoncturels, des statistiques structurelles sur l’appareil productif.

Le Ministre de la Fonction Publique, Gilbert BAWARA, représentant le Ministre de la Planification du Développement, au lancement officiel des opérations du recensement général des entreprises en 2017 ce 28 Avril à l’Hôtel Eda Oba, a insisté sur le fait que depuis 2003 à 2017, d’importantes activités ont été faites par le gouvernement, et estime que le RGE 2017 aura permis, à terme de fournir une liste exhaustive de toutes les unités économiques géographiquement localisées.

De l'avis d'un spécialiste en gouvernance minière, le recensement général des entreprises est un facteur assez déterminant dans plusieurs domaines. Dans la limitation des périmètres de cadrages : la connaissance exhaustive des entreprises par secteur d’activité, avec possibilité d’une bonne maîtrise du seuil de contribution de celles-ci dans la recette de l’Etat, pouvant faciliter une plus large délimitation d’un seuil de matérialité des entreprises par secteur (taux de payement des taxes et redevances), pour la conciliation des données avec d’autres registres de l’Etat, a-t-il observé.

Avant d'ajouter que depuis 2010, dans le secteur minier, les entreprises qui participent aux conciliations des données sont celles dont les taxes et impôts atteignent les 10 millions de francs cfa. Ce montant a été fixé après une analyse d’informations disponibles sur le secteur relatif aux entreprises minières, et qui peuvent être parfois sujettes à caution du fait de ne pas pouvoir disposer la liste entière des entreprises minières: insuffisances auxquelles supplée ce présent recensement général.

Et de conclure: bien d’inconvénients en l’absence de connaissance sur toute la liste effective des entreprises, entre autres celles du domaine minier. Un impact des recommandations des rapports de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-Togo), acte de bonne foi des autorités à pratiquer des réformes afin de maîtriser les politiques publiques, et par la même occasion assurer une meilleure conciliation des recettes entre les entités déclarantes sur la base d’une statistique qui peut servir de repère.

Dans le domaine de la presse, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) sans attendre a déjà publié une réactualisation des informations sur des entreprises de presse régulièrement déclarées. Des bases de données qui peuvent faire avancer les travaux de l’INSEED, bien attendu, avec vérification préalable.

L'Oeil d'Afrique

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