Togo : Effectivité du droit de la femme à l’héritage terrien
Togo : Effectivité du droit de la femme à l’héritage terrien

 

Le réseau Wildaf Togo appelle à des

 

actions pour plus de justice sociale

 

Konrad Adenauer soutient

 

"Une femme à l’école, ne servirait à rien. La place de la femme est au champ, à côté de sa mère." Et quand bien même la femme a passé toute sa vie à creuser, fouiller, et bêcher la terre, elle ne prend pas part à l’héritage terrien. En effet, la discrimination de la femme en matière d’accès à la part de terre qui lui revient de son père ou de son mari, ne date pas d’aujourd’hui. Lorsqu’on se réfère aux  us et coutumes, religions et cultes africains les femmes sont mises en arrière plan, derrière l’homme, à se laisser parfois abuser sans mot dire, parce qu’elle est considérée comme le genre faible, inapte ou incapable. Et pourtant, dans ce secteur de l’agriculture, la majorité de la main d’œuvre est constituée de genre féminin qui se voit même retirer les retombées de leur travail, pire exclues du droit à la parole ou à la revendication.

Des études diligentées en 2010 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèlent que dans le monde, moins de 20% des propriétaires fonciers sont des femmes ; en Afrique de l’Ouest, en Afrique Centrale, en Afrique du Nord et au Proche Orient, 10% de femmes sont propriétaires terriens.

C’est pour lutter contre les inégalités du genre, que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), mutés en Objectifs de Développement Durable (ODD) ont prescrit afin d’éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous, 17 objectifs à atteindre à l’horizon 2030, parmi lesquels se retrouve au volet 5, l’égalité de sexe.

Le problème de propriété foncière au Togo se pose avec acuité. Bien que le forum sur le foncier organisé du 18 au 21 avril dernier par le Ministère de l’urbanisme et de l’habitat, Fiatouwo Sessénou, pour revoir les textes de loi dans ce domaine, et résoudre les potentielles difficultés rencontrées dans le secteur, le droit des femmes à leur part de terre, malgré la volonté manifeste du gouvernement, demeure non sauvegardé. Il est réel que la révision du code des personnes et de la famille prend en compte l’équité en matière de la succession, mais il reste à veiller à son application dans les foyers. 

C’est dans ce soucis que les organisations de la société civile se font sienne, cette préoccupation d’œuvrer à la jouissance pleine et entière des femmes à leurs droits humains et civiques notamment à celui de l’accès à la terre.

Parmi elles, le réseau WiLDAF-Togo, ayant décelé par étude réalisée en 2009, que seulement 15,2% des héritiers sont des femmes, a entrepris plusieurs actions de sensibilisation et de plaidoyers en faveur de l’accession de la gente féminine à la propriété foncière. Mais beaucoup reste à faire pour amener la femme à contribuer au développement durable du Togo.

Dans cette droite ligne, un séminaire d’information organisé les 5 et 6 Septembre par WiLDAF-Togo, avec le soutien financier de la Fondation Konrad Adenauer pour attirer l’attention des décideurs, autorités, parlementaires et société civile sur la nécessité d’accompagner le processus d’accès sécurisé de la femme à la terre. Le thème retenu : « Genre et Foncier : Engagement des acteurs concernés pour l’effectivité du droit de la femme à la terre au Togo ».

Il s’agit spécifiquement au cours de ces deux jours de séance de travail, à l’hôtel Sancta Maria de Lomé, de faire comprendre aux participants le bien fondé d’ouvrir des portes, de sauter les verrous de la tradition, afin de permettre à la femme de contribuer à juste titre, par son travail, à l’équilibre budgétaire et moral de la famille, de la société, et partant de là, du pays.

Dans son discours d’ouverture, Madame Claire Quenum, Présidente de l’ONG initiatrice de cet atelier, a remercié Fondation Konrad Adénauer, une fondation politique allemande, pour son accompagnement, et a exhorté les partenaires et décideurs à porter leur aide pour venir à bout de la problématique de l’accès des femmes à la terre au Togo.

Les travaux porteront sur 4 thèmes principaux : (i) les droits économiques, sociaux et culturels ; (ii) la problématique de l’accès de la femme à la terre sous l’angle des droits humains ; (iii) les résultats de l’étude et les actions après l’étude sur l’accès de la femme à la terre par la Fondation Konrad Adénauer ; (iv) le projet de Code foncier au Togo.  

Au terme de ce séminaire, les décideurs et partenaires devront prendre un engagement de soutenir les actions en faveur de l’accès sécurisé de la femme à la terre au Togo. Conclusions qu’espère avoir le CAUCUS des femmes parlementaires participant à ce séminaire, pour concrétiser son apport à plus de justice sociale à l’égard de la femme au Togo.

L'OEIL D'AFRIQUE

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