L'OEIL D'AFRIQUE

De la protection des données à caractère privé Facebook et Whatsapp appelés à prendre en compte les libertés individuelles

20 Janvier 2021, 12:46pm

Publié par L'OEIL D'AFRIQUE

De la protection des données à caractère privé
Facebook et Whatsapp appelés à prendre en compte les libertés individuelles

 

L’ŒIL D’AFRIQUE, le 20-01-2021

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Depuis quelques jours, une annonce de Whatsapp fait état d’une mise à jour qui laisse le droit à Facebook, nouveau propriétaire de Whatsapp, d’avoir accès aux données personnelles de ses utilisateurs, ce, d’ici 04 février 2021, faute de quoi, Whatsapp ne serait plus accessible.

Une information qui vient rompre le droit des clients relatif au secret de la vie privée. Autrement dit, une lettre envoyée par la poste devrait être lue avant le destinataire. S’il faut admettre que les précautions de sécurité du monde exigent de mesurer ou de trouver des règles de transparence de données, il faudrait craindre qu’au même moment ces données publiées ne servent qu'à la cause inavouée, et les conséquences seront bien plus catastrophiques que l'on imagine… Facebook serait-il bien informé de ce que certaines des données mises à disposition participent parfois à la restriction des libertés ?

Là-dessus, Emefa, Technicienne en informatique, estime que "Le Device qui abrite Signal ou autre Réseau Social, est sous un système d'exploitation qui est une mine de données recueillies en temps réel. L'opérateur téléphonique que le Device utilise est détenteur de ses données. Facebook ou WhatsApp ne sont que des réseaux sociaux qui assument enfin, et ne sont pas que les seuls à avoir nos données et en faire ce qu'ils veulent. Les opérateurs Télécoms, Microsoft, Apple, Google (...) ont et auront nos données, tant qu'on est utilisateur. Retourner à l'ère non connecté ou rester dans la réalité numérique, c'est possible ?". Un autre utilisateur, s’exprime en ces termes : "Retenons cette célèbre citation : Quand c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit"

Toutefois, si tel est que les "devices" des autres réseaux sociaux conservent de fait les données, sans les divulguer au public, pourquoi Facebook et WhatsApp se donnent-ils le droit de briser le secret que constituent les informations privées? N'est-ce pas une façon de réduire les clients à de simples objets qui n'ont aucun droit...? Comme quoi, lorsqu'on a un pan de supériorité, on peut en user à sa guise, en manipulant la conscience collective à son seul profit... Il est clair que la manière la plus sûre pour Facebook de pouvoir jouir des données privées d'autrui, est d'en disposer d'une autorisation tacite, de les vendre, en toute impunité et protection, à travers des lois taillées sur mesure, brandies et imposées à l'utilisateur qui n'a d'autres alternatives que de les signer. Et comment qualifier ces actes, si ce n'est de la sorcellerie à l'occidental? En effet, c'est une affaire de tous, et les données des décideurs sont plus menacées qu'un citoyen lambda... Ce pourquoi, il faut inviter les autorités à investir dans la recherche technologique et scientifique...un langage pourtant difficile à distiller au sein des politiques politiciennes, spécialité reconnue en Afrique. Et la question qu'on est en droit de se poser est: Quelle attitude adopter face aux abus de pouvoir et de position des géants de l'histoire ? Que pouvons-nous y faire?

A cette préoccupation, Emefa fait la proposition suivante : "l'Afrique se doit de maîtriser la technologie numérique : les régularisations, l'autonomie, les compétences numériques (sans oublier des compétences juridiques et économiques liées au numérique), des ressources financières et matérielles. Les politiques doivent s'impliquer. Mettre en place un observatoire international (Avec une vraie représentation de l'Afrique, pas passive comme d'habitude) qui doit contrôler les géants. Internet ou en encore le numérique nous met sur un même pied d'égalité. Heureusement ! C'est l'occasion de prendre aussi le contrôle en se donnant les moyens comme l'Asie."

En ce qui concerne les décideurs, Folli, un internaute averti, pense qu’il faut « "les exorciser ou prier Dieu de leur toucher le cœur" car je ne doute pas que ce sont les approches qui ont manqué mais c'est la dure oreille » après avoir souligné que « les données stockées ne sont pas divulguées au grand public ok ! mais je doute fort qu'il en soit de même pour le "petit public" (entre eux, les géants) ».

Pour sa part, Métraton, revient aux fondamentaux : « Revenons juste aux fondamentaux pour permettre à des gens comme moi de mieux cerner les enjeux aux données personnelles:

1- J'utilise un RS (Réseau Social) sur lequel, je divulgue mes DP (Données Personnelles) de façon consciente ou inconsciente, 2- Ces DP sont utilisées par des RS à plusieurs fins: - connaitre mes habitudes de consommation (profilisation) et me proposer des pubs sur mesure, - Ils revendent des profils types aux annonceurs en fonction des besoins de ces derniers; - les profils sont également vendus à des compagnies tiers ayant des intérêts particuliers avec les DP, notamment, les assureurs, les chasseurs de têtes (agences de recrutement), certains gouvernements, etc. pour qui, ces données ne sont utilisées pour des fins de prospect mais atteindre d'autres objectifs (intelligence économique, répression, etc...); 3- Conscients des enjeux, les Etats adoptent des réglementations pour protéger les consommateurs, 4- Ces réglementations sont transposées dans les politiques de confidentialité des RS (même s'ils y exploitent les failles. On comprend tous que leur matière première ce sont les données), 5- Il arrive parfois que les politiques de confidentialité des RS ne conviennent pas aux utilisateurs, mais ils ont le choix, rester ou quitter le RS.

Et Métraton conclut : « En définitive on se retrouve dans un cercle vicieux (intérêts croisées et parfois antagonistes) : utilisateurs, RS, Annonceurs ou autres sociétés ayant des intérêts particuliers avec les DP, Gouvernement, avant de se poser la question : « Si tel est le cas la question est : que doit faire chaque acteur de la chaine pour garantir et protéger les DP des utilisateurs des RS? Est-ce bien cela les enjeux ?...

Pour Yerima amidatou, membre du Tech camp West Africa, il faudrait croire que la popularité de whatsapp et de Facebook sont entrain de jouer un rôle plus que prévu en matière de sécurité. Et ceci ne doit plus être du ressort de Facebook ni de whatsapp, mais d'une nouvelle autorité internationale des standards de sécurité.

A. Rachel

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