La démocratie face à l’épreuve de l’efficacité : Camarade Ibrahim Traoré, ne vous méprenez pas.
Si, au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim en vient à douter de l’efficacité de la démocratie en Afrique, cela s’explique en grande partie par l’héritage du régime précédent dont il est le successeur.
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L’absence d’alternance et la politisation de l’administration publique constituent un lourd fardeau pour l’équilibre macroéconomique. Dès lors, quelles solutions envisager pour une gouvernance de développement face aux exigences de compétitivité et de concurrence entre les États ?
Beaucoup d’États africains souffrent d’un déficit de rendement. En effet, les acteurs qui animent la fonction publique sont souvent issus de relations de camaraderie plutôt que de compétences réelles. Ce déséquilibre peut présenter certains avantages, mais engendre surtout de nombreux inconvénients. Ainsi, les défaillances liées à l’inefficacité ne sont pas toujours sanctionnées, en raison de liens personnels qui entravent une gestion rigoureuse et efficace des problèmes.
Cette situation constitue un frein au progrès et au renforcement de la gouvernance. Comment, dès lors, résoudre ce problème de manière durable sans que le système ne sombre dans la régression et la contre-performance ?
Certains pays peuvent agir en mettant en place un système de recrutement fondé sur l’efficacité des moyens et les compétences réelles. À défaut, le système démocratique, qui impose l’alternance par les élections, peut constituer un mécanisme de régulation dans le temps face à cette crise de rendement, à travers des changements de régime.
Cependant, ces alternances ne peuvent produire des effets positifs que si les élections sont réellement transparentes. Si elles sont compromises par des réseaux de camaraderie, il est à craindre que l’État concerné ne puisse progresser, à moins d’une prise de conscience élevée sur le plan éthique.
Plusieurs facteurs doivent ainsi être pris en compte pour définir une politique de gouvernance adaptée en Afrique. Ce modèle pourrait s’inscrire dans la feuille de route de la démocratie et représenter une opportunité pour la promotion de la paix et du progrès.
Dès lors, le camarade président du Burkina Faso gagnerait à mener une réflexion approfondie afin de refonder le système, en mettant en place une gouvernance forte, fondée sur le mérite et soutenue par un leadership capable de construire des institutions solides. C’est en cela que réside la véritable démocratie.
Expert Media
AYEGNON KOSSI BLAISE
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