Intellectualisme et mutations en Afrique
Intellectualisme et mutations en Afrique

Le rigorisme légitime de justice sociale revendiqué par les peuples a-t-il un gout d’excès de radicalisme ? Après Gnassingbé 1er surpris par le vent de l’Est en 1990, Gnassingbé 2ème, le fils, reprend le même schéma, mais il est également surpris par la limitation de mandat présidentiel. L’histoire se répète-t-elle ?

Le Groupe de Médiation pour l’Adoption Immédiate des Réformes Constitutionnelles et Institutionnelles (GMAIRCI) n’ose pas, en temps opportun, jouer son rôle d’avant-gardiste, en interpellant les élus, à travers les diverses formes les plus appropriées : écrit, conférence, théâtre, ou lettres,… à se raviser sur les déchéances de leurs anciennes attitudes, et à prendre en compte les régularités et transmutations contemporaines, afin d’élever le niveau de conscience de citoyens. Ces intellectuels, aux dires de certains, laissent entrevoir, de par leurs attitudes, leurs cautionnements moraux à certaines pratiques délictuelles.

Qui peut donc continuer à leur faire confiance, quand tous, nous savons que déjà en 1998, le père, par la promesse à lui faite au peuple, a vaillamment tourné le changement en sa faveur?

Une aggravation de crise de raisonnement

Les réformes réclamées auxquelles on n’est jamais parvenues, depuis le sommet de la Baule, ne sont pas de faits exclusivement imputables aux dictateurs. Une conjonction de facteurs favorisant des liaisons incestueuses entre hommes de lumière et la grande muette des casernes, en demeure aussi pour quelque chose. Conséquences : une irruption de la rue sur la scène politique.

Pour résorber la crise sur le continent, une remise en cause de la moralité intellectuelle, en mettant en pratique les termes de références et les canevas en usage.

La rétroactivité ou non de la loi constitutionnelle demeure un non-lieu. Au Togo les mandats en cours ayant été volés, improvisés par des dictateurs sanguinaires, dans une utopie totale d’un siècle révolu, sans tenir compte des faits objectifs et contraintes de la réalité.

Les ambigüités soulevées dans les diverses théories de pseudo-intellectuels sur l’application ou non de l’APG (Accord Politique Global), un accord de mise en œuvre des reformes dûment signé en 2006, sous la protection de la Communauté Internationale, n’ont pour but que de troubler la conscience. Ne pas tenir compte du consensus paraphé depuis presque dix (10) ans, ne ferait que relancer le débat sur la légitime du pouvoir togolais, les risques de retenter une ratification avec.

Il y a de quoi à mettre tout en cause, nous confie en secret un haut fonctionnaire international, la pédagogie de justice sociale doit commencer par là, afin d’éviter des précédents dangereux sur le continent.

En Afrique, les dictatures se cramponnent au pouvoir contre la volonté du peuple, les élections n’étant que cérémoniales, pire des festivals de légitimation des incongruités. Dès lors, tombés en disgrâce, les autocrates demeurent incapables d’attirer sur eux, un regard de sympathies citoyennes, faute de règles acceptables d’apurement de leur lourd passif.

Au Togo, même les recommandations ecclésiastiques sont restées mortes, le silence règne en règle d’or dans la cité. Devant cette ignominie, les consciences universellement établies pour restituer la justice se taise. Et pourquoi ?

L’intervention du Groupe de Médiation pour l’Adoption Immédiate des Réformes Constitutionnelles et Institutionnelles, lors de la conférence de presse animée le 23 Décembre 2014 à Lomé, de porter la charge de ce "Bouddha" du Togo qui hypothèque sérieusement l’avenir de son parti Unir, demeure une tentative veine. N’y a-t-il donc pas, dans ce parti politique, une carrure pouvant se présenter valablement aux prochaines élections ?

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